Un château aux multiples facettes

Conçu pour la délectation

Situé au numéro 13 de l’avenue de Champagne, le château Perrier fut construit de 1852 à 1857 dans un style éclectique caractéristique du 19e siècle, pendant lequel le goût inclinait à faire revivre des styles anciens.

Les influences

De brique et de pierre, la façade, ainsi que le plan du bâtiment, rappellent les plus grandes réalisations du siècle de Louis XIII et de Louis XIV. On observe en effet un bâtiment situé entre cour et jardin, muni de trois avant-corps, deux latéraux et un central.
Ce dernier est décoré avec plusieurs colonnes qui se superposent. Au premier ordre, totalement fantaisiste dans la partie basse, succède un ordre plus classique aux deux autres niveaux, que l’on retrouve sur les pilastres de la façade. A l’influence de l’Antiquité ou de la Renaissance se mêle un traitement très décoratif des colonnes, qui se place dans la continuité de l’architecture du 17e siècle.
Dans une optique de représentation et d’éclat, la fusion de différents styles architecturaux et décoratifs tels que la Renaissance, le baroque jusqu’au rococo ou au style classique ont contribué à donner à ce bâtiment une esthétique composite d’une grande liberté. Ce programme décoratif est aujourd’hui encore bien conservé en extérieur sous la forme d’une architecture de brique et pierre et d’un riche décor sculpté en pierre. A l’intérieur du bâtiment de nombreuses pièces ont perdu leur décor et leur disposition d’origine suite à des remaniements, intervenus notamment lors de la transformation du château en musée et en bibliothèque. Malgré tout, plusieurs chambres et salons conservent encore des parties de leur décor Second Empire, sous la forme de moulures, de stucs, d’huisseries et de quincailleries d’origine.

Des jeux décoratifs

La demeure se caractérise par ce jeu des matières, entre la brique et la pierre. Cette dernière étant naturellement utilisée pour les parties décoratives. Certaines briques sont vernissées, pour un plus grand jeu sur la polychromie.
Le motif décoratif du masque, que l’on observe à plusieurs endroits de la façade fait écho au 17e siècle, période où ils se généralisent et deviennent couramment utilisés pour les décors architecturaux.

Un « meuble à tiroirs »

Conçu par un architecte menuisier de formation, le bâtiment fonctionne comme un « meuble à tiroirs » et comprend étonnamment 8 niveaux : caves profondes de champagne dans la craie, grand caveau maçonné, sous-sol, rez-de-chaussée, entresol, premier étage, combles et grenier.

Lorsqu’il était habité, le château accueillait entre 6 et 10 personnes : M. et Mme Perrier, 3 à 6 domestiques dont un cocher, une cuisinière et deux enfants des domestiques âgés entre 7 et 10 ans. Les domestiques habitaient dans les entresols, au plus proche des chambres du premier étage ou de la cuisine. Derrière les placards et les armoires réapparaissent les vestiges du papier peint de l’époque.

À voir dans cette partie du château

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