Un jardin à l’anglaise et ses serres exotiques

Un lieu de délassement et de flânerie

Beaucoup modifié depuis les origines, le jardin à l’anglaise de Charles Perrier regorgeait d’espèces rares et de serres exotiques pour la délectation et la promenade.

L’aménagement du parc

La construction du château s’accompagne de l’agencement du parc, en pente douce jusqu’à la rue de Verdun au nord.

Le jardin, aménagé à l’anglaise, est un lieu de détente et de promenade. Une rivière artificielle y serpente jusqu’à un bassin en rocaille en contrebas. Des chemins jouent sur les arrondis et offrent ainsi plusieurs points de vue. Un kiosque permet de s’abriter. Plusieurs essences de bois se côtoient : cerisiers, érables, ifs, pins…

On y trouve alors, face à une maison de jardinier, une serre de grande dimension, avec un plan en L. Celle-ci permettait de conserver lors des saisons froides les plantes habituées à des températures estivales, grâce à un système élaboré de chauffage par circulation de fumée et de vapeur de fumée dans des tuyaux de fonte. Elle faisait la grande fierté de Charles Perrier. Le 23 novembre 1848, Léonce de Lambertye rapporte « (…) chaque année il [M. Perrier] ajoute de nouvelles serres à des serres nombreuses, et chaque jour il va recueillir, dans tous les coins de l’Europe marchande, les plantes les plus nouvelles, les plus précieuses (…). »

On y dénombrait 28 espèces d’ananas, 271 espèces d’orchidées tropicales, 52 espèces de palmiers, des camélias, etc. En 1848, une médaille d’encouragement est décernée au jardinier du Château par la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne en 1848. En 1851, une médaille d’or est décernée à M. Perrier et une médaille d’argent à son jardinier par la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne en 1851.

Enfin, la famille Gallice y aménage un court de tennis, près de la voie ferrée.

La ligne de chemin de fer

En 1849, pendant la construction du Château Perrier, Louis-Napoléon Bonaparte inaugure la ligne de chemin de fer Paris-Epernay.

La façade Nord du Château côté jardin était conçue pour être visible de toute la Vallée de la Marne et depuis le train. Les avant-corps disposés en biais à 45° permettaient d’élever et d’imposer le bâtiment, asseyant ainsi la réussite sociale et professionnelle de celui qui multiplia par 46 les revenus de la Maison Perrier-Jouët.

Les habitants du Château pouvaient, du premier étage, guetter le train et saluer ses passagers, activité alors très en vogue.

Le parc municipal

Lors de l’achat du Château en 1943, la Ville d’Epernay développe plusieurs projets d’aménagement pour le jardin, alors peu entretenu, comme celui d’un terrain d’athlétisme. Finalement la moitié nord du jardin est vendue, puis aplanie pour la construction de logements dans les années 1950.

Par la suite, le lieu connaîtra plusieurs affectations comme celui de parc municipal avec des jeux d’enfants jusqu’à sa fermeture au public en 2012.

Le projet de rénovation du parc s’inspire du jardin pittoresque à l’anglaise choisi au 19e siècle.

À voir dans cette partie du Château

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