Le hall d’honneur et le grand escalier

Une entrée majestueuse

Accueillir les visiteurs et les faire entrer dans un décor issu de la lointaine Rome antique.

La porte d’entrée

Après une volée de marches, le visiteur pousse la lourde porte du château s’ouvrant sur le hall d’honneur. Cette imposante porte en bois fut réalisée en 1857 par le sculpteur ornemaniste parisien Jules Corboz (début 19e s.-1901).

Ici, tout fait référence aux motifs de la Renaissance, inspirés de l’Antique. Les entrelacs des ferronneries répondent d’une part à ceux des balustrades de la toiture et d’autre part à ceux du grand escalier intérieur. Sur chaque vantail, deux petits lions attendent face au convive.

Jules Corboz travaillera ensuite pour l’empereur Napoléon III au Palais du Louvre et à celui des Tuileries, où il sculptera les stalles de son écurie. Pour l’Opéra Garnier, il produira un modèle de lustre en bois sur le dessin de l’architecte. Quatorze ans après avoir sculpté la porte du Château Perrier, il exécutera cinq bas-reliefs pour l’Hôtel de Ville de Paris.

Frapper le visiteur

Imitant les décors des peintures romaines pompéiennes, trois statues féminines drapées à l’antique accueillent le visiteur. Elles répondent à la mosaïque à rinceaux végétaux colorés sur fond blanc installée au sol par H. Gallice à l’emplacement du dallage originel blanc à cabochons noirs. Ce dernier, passionné de chasse, est peut-être à l’origine des statues représentant Diane, déesse romaine de la chasse.

Ce hall dessert les salons de réception du rez-de-chaussée : grand salon, bibliothèque et salle de billard. Il conduisait à droite au vestiaire, mais aussi à l’étage où se développaient les appartements privés, en empruntant l’escalier monumental.

Tout dans cet escalier a été conçu pour frapper le visiteur et rappeler les grandes cages d’escalier en pierre des châteaux de la Renaissance ou du 17e siècle. Sa forme à deux volées latérales est très en vogue à la fin du 19esiècle.

Des matériaux variés sous un décor uniforme

L’étude précise des décors a confirmé leur diversité : pierre calcaire dure, pierre calcaire marbrière, marbre polychrome, stuc pierre, plâtre ou bois. Un décor peint de fausse pierre calcaire donnait l’illusion que l’ensemble était entièrement en pierre de taille. Les matériaux avaient été astucieusement choisis pour des raisons esthétiques et structurelles, mais aussi, dans certains cas, selon un évident souci d’économie.

Certains éléments sont en stuc pierre, une matière très utilisée à l’époque.

Il s’agit d’un mélange de colle, de craie et de pâte à papier imitant l’aspect de la pierre est pouvant être facilement moulé. Il est alors possible de fabriquer des décors en série : colonne, fronton, rambarde…

Les archives nous apprennent que Michel-Victor Cruchet (1815-1899), sculpteur ornemaniste, était chargé de « l’habillage » des intérieurs du château. Cruchet est connu dans la capitale, il reçoit des commandes du roi Louis-Philippe, du duc de Nemours, puis de Napoléon III, il devient même le sculpteur attitré de l’Impératrice !

C’est depuis son atelier parisien que sont envoyés durant l’année 1856 en 20 voyages les ornements du château Perrier, soit un total de 5614 kg de sculptures.

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