Les sondages au scalpel

Découvrir les couleurs des décors d’origine

Fausses-matières, papier-peints, dorure : foisonnement artistique et architectural de l’éclectique Château Perrier.

Les décors d’origine

Les décors d’origine ont été modifiés non seulement par les différents habitants et occupants du Château, mais aussi par l’armée lors de la Seconde Guerre Mondiale, ou après-guerre lors de l’installation de la bibliothèque et des musées. Pour connaître ces décors et leur chronologie, trois archéologues du bâti et restaurateurs spécialisés ont réalisé des sondages stratigraphiques pour permettre la lecture aisée des couches successives. Pendant une dizaine de jours, en janvier 2017, ils ont ausculté le Château Perrier de fond en comble.

L’archéologie du bâti

C’est ce que l’on appelle l’archéologie du bâti : en divers endroits, le sondeur étudie la superposition des couches, afin de reconstituer le décor d’une pièce à une époque donnée. Chaque sondage prend la forme d’une fenêtre, répétée à plusieurs endroits d’une même pièce. Les sondages sont tantôt sur le mur, tantôt sur les montants des fenêtres, tantôt sur les modénatures, tantôt sur les plafonds.
En lumière rasante, on découvre aussi sur les murs les anciennes traces de boiseries servant à encadrer des tapisseries.
Les couches sont révélées à l’aide d’un scalpel ou de produits décapants. Les peintures anciennes étaient à l’huile, tandis que les peintures modernes sont à l’acrylique ou glycérophtalique.
Parfois, la couleur la plus ancienne est trop fragile et il faut s’armer de patience pour la révéler. C’est le cas des dorures du grand salon où la feuille d’or insaisissable laisse seulement apparaître la couche sur laquelle elle avait été posée.

Ces études permettent de connaître l’état de conservation et le mode de consolidation nécessaire lors de la restauration. Par exemple, le décor de faux appareillage du hall d’honneur ne peut être nettoyé sans disparaître. Il devra donc être redessiné entièrement à neuf, à l’identique.

De plus, les ferrures et boutons de porte peints sont décapés pour identifier le mode de restauration nécessaire : sablage, électrolyse ou dorure à chaud.

Toutes ces découvertes sont interprétées en fonction des documents d’archives, documentées dans un rapport et grâce à de nombreuses photographies. Ainsi, l’histoire du Château est archivée, avant de laisser place aux travaux du 21e siècle.

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