Restauration de quatre soieries chinoises

Cousu de fil blanc

La mise en exposition d’objets nécessite parfois d’effectuer un travail de restauration. Toujours confié à un restaurateur agréé, ce travail technique et minutieux peut durer plusieurs mois, comme ce fut le cas pour ces soieries chinoises.

Origine des soieries

En 1934, Mme Charles-Lambinet lègue au musée, situé alors place Hugues Plomb, plus de 500 objets d’art décoratif, d’art graphique et de mobilier, parmi lesquels quatre soieries chinoises. Elles témoignent du goût pour les arts extra-européens, illustré par le courant du japonisme en vogue des années 1850 aux années 1920.

Sur chacune des compositions, un oiseau repose sur une branche fleurie évoquant une des quatre saisons citée en caractères chinois. La soie était à l’origine de couleur beige clair ou bleue, tandis que les fils étaient de couleur bleue, beige, verte, rose, blanche et pourpre.

Une restauration nécessaire

Au fil du temps, ces fragiles panneaux de soie ont été attaqués par des insectes, l’humidité et la lumière. Des clous rouillés maintenaient le textile sur un châssis en bois, provoquant des déchirures lors de manipulations.

Après avoir été anoxiées, ces soieries ont été dépoussiérées par micro-aspiration, et lavées avec une solution neutre. Puis, elles ont été mises à plat pour sécher sur une table aspirante.

Les soieries sont ensuite doublées avec du taffetas, afin de coudre les déchirures et les lacunes du satin, sans créer de tension avec le support de montage. Les soulèvements de fils ont été refixés au fil d’organsin au point de surjet et les bords effrangés par festonnage à l’organsin également.

Enfin, la restauratrice a remonté le tissu sur un panneau en carton avec réserve alcaline, contrecollé d’une finette isolante.

Cette restauration a été possible grâce à la subvention de la réserve parlementaire de la sénatrice Françoise Férat.

La réserve alcaline

En fin de restauration, les panneaux de soie sont montés sur un support de carton. Afin de neutraliser l’acidité de ce type de support, un composé chimique, la « réserve alcaline » y est ajoutée. Cette opération essentielle garantie la pérennité des opérations de restaurations.

L’anoxie, qu’est-ce que c’est ?

Les objets du musée en matières organiques (tissu, bois, cuir) sont très sensibles. Ils craignent particulièrement les infestations d’insectes. Afin d’éliminer ces derniers, l’objet est déposé dans une boite hermétique puis un vide d’air est réalisé. Privés d’oxygène, les insectes meurent, débarrassant ainsi l’objet de ses hôtes indésirables.